La Coursive : qu’attend sa présidente pour agir ?

« Sollicitée, la présidente du conseil d’administration (de La Coursive) Véronique Chatenay-Dolto, nous a fait savoir qu’elle ne souhaitait pas s’exprimer sur le climat social ». Ainsi se conclut l’article consacré le vendredi 17 janvier 2020 par le quotidien « Sud Ouest » à l’abandon de la médiation, la veille, à l’intérieur de la Scène nationale de La Rochelle.

Véronique Chatenay-Dolto, présidente du conseil d’administration de La Coursive (depuis juin 2018).

Depuis plus de quinze jours – et l’arrêt effectif de cette « mascarade de médiation » dénoncée par le syndicat CGT dans un tract distribué au personnel de La Coursive le jeudi 16 janvier 2020 – Véronique Chatenay-Dolto (ci-contre en photo) ne s’est toujours pas exprimée publiquement sur la situation de blocage actuelle.

Pire, la présidente du conseil d’administration n’a joint à aucun moment les déléguées du personnel dûment élues – le mardi 3 décembre 2019 – et donc représentatives des salarié(e)s de La Coursive.

Pas un coup de fil, pas un mail, pas une proposition nouvelle pour tenter de sortir par le haut de la crise qui dure depuis l’automne 2018 (1).

Ni les salarié(e)s de La Coursive ni l’association des spectateurs Les Vigies ne comprennent le silence abyssal, l’inaction totale de la présidente et des administrateurs (élus compris) de la Scène nationale de La Rochelle depuis la mi-janvier.

Se laveraient-ils les mains d’une situation de crise dont ils portent la lourde responsabilité ? Ont-ils abandonné le magnifique vaisseau transformé en galère à son capitaine « directeur normal » ? 

Nous sommes nombreux, de plus en plus nombreux à nous interroger, à ne plus rien y comprendre…

A l’automne 2018, en déclenchant un audit,  les membres du conseil d’administration ont cherché à apaiser les tensions engendrées par le management du nouveau directeur. Sept mois plus tard (juin 2019) ces mêmes administrateurs ont cru régler la crise en licenciant la directrice adjointe. Au contraire, ils l’ont, eux-mêmes, aggravée !

Depuis l’automne dernier, ils semblent avoir laisser seul à la manoeuvre le « directeur normal ». Mais ce dernier est le plus mal placé pour résoudre un conflit interne dont il porte une part évidente de responsabilités.

Par ses silences à l’égard des salarié(e)s mais aussi de la presse et de l’association Les Vigies de La Coursive, Véronique Chatenay-Dolto accrédite l’idée qu’elle n’est plus en capacité, elle non plus, de peser sur une situation de crise non réglée à ce jour.

A moins que tout ce petit monde – « directeur normal » et administrateurs – ne joue, à l’heure actuelle, la montre dans l’attente de l’arrivée d’un directeur adjoint possédant toutes les qualités pour ramener sérénité et bien être au travail dans une Coursive si ballotée, si malmenée depuis deux longues années.

Si ce recrutement venait à s’avérer pertinent, cela n’occulterait en rien les responsabilités des acteurs précités – Véronique Chatenay-Dolto, Bruno Odin et le directeur – dans ce long et douloureux traumatisme dont souffre La Coursive.

Et si l’un ou l’autre trouve à redire à l’ implacable rappel des faits qui ne parle guère en leur faveur (lire notre chronologie ci-dessous), toutes leurs réponses aux multiples questions posées par les Vigies de La Coursive (en date des 14 et 28 novembre 2019) seront les bienvenues.

Quand bien même, nous spectateurs/trices Vigies de La Coursive, nous serions tenus pour quantité négligeable par le conseil d’administration et la direction…

…Nous spectateurs abonné(e)s/adhérent(e)s de la Scène nationale de La Rochelle, nous nous contenterions d’une intervention directe de Véronique Chatenay-Dolto auprès des salarié(e)s de La Coursive et ce dans les meilleurs délais. 

…Nous, les Vigies spectateurs/trices, nous serons toujours heureux de lire ou d’écouter les explications que Madame la Présidente de La Coursive ne manquera pas de livrer, un jour ou l’autre, devant tous les médias qui la sollicitent, en vain, depuis des mois…

(1) Le 8 novembre 2018, la majorité des salarié(e)s de La Coursive cosignaient un courrier aux membres du conseil d’administration, aux élus et tutelles pour les alerter de « la souffrance au travail, la détresse au travail » à l’intérieur de la Scène nationale de La Rochelle.

 

 De l’automne 2018 à février 2020…

Si, au fil des mois, vous avez perdu le fil de l’histoire compliquée de La Coursive ces derniers mois, la lecture de la chronologie des faits, assortie de commentaires éclairants, vous sera précieuse

  • A l’automne 2018, le conseil d’administration de La Coursive prend une bonne décision (peut-être la seule…) en mandatant le cabinet Midori pour un audit interne, à la suite de l’expression de la souffrance au travail par les salarié(es) de la Scène nationale de La Rochelle. A ce moment là, le job a été fait.
  • En mars/avril 2019, quand le CA de La Coursive prend connaissance des conclusions et préconisations de cet audit, aucune médiation n’est déclenchée par Véronique Chatenay-Dolto et son bureau. Or, la médiation figure bien au rang des préconisations de Midori ! Non, la présidente préfère missionner un autre cabinet (forcément coûteux) pour un « accompagnement à la construction organisationnelle ». Profil-Culture interviendra à la rentrée de septembre 2019, annonce-t-on, alors, au personnel…
  •  Mais, sans même attendre que ce cabinet n’opère et que son travail ne produise quelque effet, le conseil d’administration « tranche à l’unanimité » (expression de Véronique Chatenay-Dolto).  Le 15 juin 2019, Florence Simonet, la directrice adjointe de La Coursive, est licenciée pour « faute simple ». Personne n’a oubliée l’émotion, l’indignation, la colère provoquées par cette sanction incompréhensible et, à ce jour, toujours incomprise !
  • Le 1er juillet 2019 – soit quinze jours à peine après cette procédure de licenciement reposant sur les seuls griefs exposés par le directeur de La Coursive, celui ci, oui lui le « directeur normal », sort de son chapeau magique « la médiation » et propose cette solution miracle au personnel, lors d’une réunion en présence de la présidente Véronique Chatenay-Dolto.

Tous les managers et médiateurs normalement constitués auront perçu le grotesque de cette proposition émise par l’un des acteurs clefs de la crise et ce quinze joursce après le licenciement violent d’une personne emblématique, liée étroitement à l’histoire et au développement de La Coursive.

La présidente du CA émet une condition à la suggestion du patron de la Scène nationale : celle ci doit faire consensus parmi les salarié(es). Dès le 3 juillet 2019, le directeur revient à la charge et, par mail, milite pour une médiation auprès de tout son équipe.

A cette date, les conditions dans lesquelles la directrice adjointe a été virée n’ont pas été digérées. Elles ne le sont toujours pas aujourd’hui !

Et, début juillet, les salarié(e)s de La Coursive, traumatisé(e)s et fort occupé(e)s avec les deux festivals investissant leurs salles de cinémas et spectacles (Festival du film puis Francofolies), font bien peu de cas de la médiation proposée par leur directeur. 

  • Les vacances arrivent, bienvenues pour beaucoup ! A la rentrée de septembre, le patron sollicite à nouveau les déléguées du personnel afin que soit engagée la fameuse médiation. Jugeant illégitime l’intervention de leur directeur dans le processus de règlement de la crise enclenché par…le conseil d’administration, les représentantes du personnel tapent en touche…
  • Quand ProfilCulture – le deuxième cabinet mandaté par le CA – débarque le 20 septembre 2019 à La Coursive, il constate vite l’impérieuse nécessité d’une véritable médiation, notamment entre… le directeur et ses cadres encore en place (trois personnes).

Voilà que le patron de la Scène nationale se démène à nouveau pour dégoter un médiateur. Il n’y parvient pas… Lui et/ou le conseil d’administration se tourne(nt) alors vers la Direction régionale des Affaires culturelles. Laquelle DRAC déniche non pas un mais deux médiateurs !

  • Christine Mariette et Michel Fefeu entament leur travail à La Coursive à compter du 12 décembre 2019. A ce stade, rappelons qu’une médiation a été préconisée par Midori huit mois plus tôt. Huit mois de perdus ! 

On connaît la suite : les conditions (groupe restreint, confidentialité) imposées par les médiateurs, le refus d’une partie des salarié(es) de poursuivre dans le cadre imposé par ces deux professionnels et l’abandon du format initial de médiation à la date du 16 janvier 2020.

  • Depuis, silence de Véronique Chatenay-Dolto et de son vice-président Bruno Odin. Et absence totale de la « présidente TGV », invisible à La Rochelle !