L’immense Chamboule-tout

16 mai, premier samedi après…déconfinement.

Sensations étranges : quelques libertés retrouvées, avec plus d’espaces ouverts à la balade, à la respiration. Indispensable mais…

Tous ces visages masqués dans la rue, les gestes barrières devenus automatiques rappellent que l’invisible virus n’est pas vaincu. 

Nous vivons avec ; pour combien de temps, nous ne le savons pas.

Les soignants, si sollicités depuis des mois, demeurent en première ligne, comme tant d’autres professionnels dévoués.,

Les enfants, pas tous, ont repris le chemin des écoles soumises à un  protocole sanitaire strict.

Des entreprises, des chantiers redémarrent mais cafés et restaurants restent fermés. Triste spectacle face aux Tours de La Rochelle !

Covid 19 a tué ; il a endeuillé des familles, bouleversé nos organisations, nos habitudes quotidiennes, suscité de multiples polémiques sur les masques, les vaccins. La pandémie nous plonge dans un océan d’incertitudes ; tant de questions légitimes attendent des réponses vraiment fiables.

Nos vies personnelles, familiales, sociales et professionnelles sont affectées par cet immense Chamboule-tout.

Diffusion et création culturelles, indispensables à notre équilibre personnel, sont touchées de plein fouet.

La Coursive a fermé, comme tant d’autres scènes où les artistes nous émerveillent, nous bouleversent, nous interpellent avec force et talent.

Rideau sur le spectacle vivant ! Jusqu’à quand ? Nul ne le sait.

Le directeur de La Coursive a dû annuler 22 spectacles programmés ce printemps ; il a pu en reporter 80% sur la saison prochaine. Idem à La Coupe d’Or de Rochefort, scène également sous sa responsabilité (11 spectacles annulés).

La Scène nationale de La Rochelle a eu recours au chômage partiel pour une partie de son personnel. Côté administration, gestion et direction, d’autres salarié(e) assurent la continuité du service, quelques un(e)s sur site, les autres en télétravail. Et ce au temps du confinement, comme depuis lundi dernier. Hier vendredi 15 mai, une dizaine d’entre eux étaient, ainsi, à pied d’oeuvre au sein même de la structure, toujours fermée au public.

Les Vigies maintiennent leur soutien moral indéfectible à toute l’équipe de La Coursive plongée, elle aussi, dans cette crise sans précédent.

Cette semaine sur RCF 17, la radio chrétienne, Franck Becker s’est exprimé sur « la grande inconnue de la reprise, qui interroge et angoisse notre profession ».

Le directeur de La Coursive n’a pas évoqué, alors, la Lettre ouverte à Alain Rousset, président de la Nouvelle Aquitaine, qu’il a co-signée avec les patrons de six autres Scènes nationales. Lettre par laquelle ces directeurs demandent un rendez-vous à l’élu, à la suite d’une diminution de 100 000 euros de la subvention accordée par la Région au Théâtre Auditorium de Poitiers (lire cette Lettre ouverte à Alain Rousset )

Concernant La Coursive, l’engagement des collectivités territoriales  pour 2020 paraît solide. Pour autant, les recettes de la billetterie spectateurs représentant 35% de son budget (contre 20 à 25% dans les autres structures), la Scène nationale de La Rochelle se trouverait plus fragilisée que d’autres par la situation actuelle. Franck Becker le laisse entendre dans un article mis en ligne par France 3 Nouvelle Aquitaine le 28 avril. A lire ici : la-rochelle/deconfinement-inquietudes-beaucoup-questions-responsables-salles-spectacles-rochelaises-1821880.html

Face aux problématiques nouvelles et complexes de la Scène nationale de La Rochelle, l’association Les Vigies de La Coursive demeure, pour sa part, spectatrice bien impuissante mais pas insensible.

Plus que jamais, Les Vigies expriment leur solidarité totale à l’égard des personnels administratifs et techniques de La Coursive, des intermittents du spectacle et artistes faisant vivre et briller ce magnifique  joyau, mais aussi tous les autres lieux de création.

N’en oublions aucun sur cette route semée d’embûches.

Les Vigies de La Coursive