Limoges : crise ouverte au Théâtre de l’Union

Depuis le début du mois d’octobre 2020, le Centre dramatique national « Théâtre de l’Union » de Limoges (Haute-Vienne) se retrouve sur le devant de la scène.

Le 8 octobre dernier, au terme d’une représentation de « L’Occupation », pièce d’Annie Ernaux interprétée par Romane Bohringer, les salarié(e)s du théâtre limougeaud ont pris à témoin(s) les spectateurs présents.

Donnant lecture d’un courrier adressé à Roselyne Bachelot, la Ministre de la culture, ils ont partagé avec le public leur souffrance au travail, pointant « de graves dysfonctionnements de notre direction, aussi bien sur le plan professionnel que moral ». Fut alors pointé le comportement du directeur, Jean Lambert-wild, en fonction depuis le 1er janvier 2015.

Les salarié(e)s du Théâtre de l’Union ont alerté les élus des collectivités territoriales finançant leur structure et les médias. Ils ont déjà confié la défense de leurs intérêts à un avocat spécialisé dans le droit du travail. Ils ont reçu des soutiens et créé, eux aussi, une page Facebook afin de diffuser toutes les informations sur la crise de leur Centre dramatique. A lire ici : Crise-au-Théâtre-de-l’Union

Une mission d’inspection a été menée de février à mai 2020 par Annabel Poincheval inspectrice à la Direction générale de la création artistique du ministère de la culture.

Des audits (financier, ressources humaines), une médiation sont, aujourd’hui, préconisés…

Tiens tiens, tout cela ne vous rappelle-t-il rien ?

Bien entendu, un Centre dramatique National comme le Théâtre de l’Union n’a pas le statut d’une Scène Nationale telle La Coursive.

Pour autant, à Limoges, à La Rochelle, il y a des salarié(es) en souffrance. Et des spectateurs indignés par des situations intolérables susceptibles de mettre en péril de magnifiques outils de création et de diffusion de la culture.

A travers le pays, les exemples de structures de spectacle traversées par des crises se multiplient. Il suffit de se reporter à la page Facebook des salariés en lutte du Théâtre de la Commune à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) pour y lire d’autres exemples malheureux.

A retrouver ici : salariesdutheatredelacommuneenlutte

Au moment où le Grand Ordonnateur du Confinement Acte 2 Scène 1 n’a pas un seul mot pour la Culture,

Au moment où les théâtres doivent refermer leurs portes au public (mais ni aux répétitions ni aux résidences d’artistes),

Les Vigies de La Coursive se devaient de rappeler que les problèmes ne sont pas réglés dans certaines structures culturelles.

Et quand bien même la crise sanitaire met à mal les programmations de toutes les salles, il n’est pas question, ici, d’oublier ce qui se passe derrière des portes fermées, des rideaux baissés !