Une médiation au format imposé, vouée à l’échec

Ce sont deux professionnels reconnus. L’un deux, Michel Fefeu, a même cosigné un ouvrage spécialisé intitulé « Guerre et Paix dans l’entreprise, entre entreprises, et ailleurs ». L’ouvrage (voir sa couverture) a été réédité à trois reprises… 

Eh bien, jeudi 16 janvier 2020, Michel Fefeu et sa collègue Christine Mariette, médiateurs expérimentés, ont capitulé face à une dizaine de salariés de La Coursive bien décidés, pour la plupart d’entre eux, à en finir avec la médiation interne en cours depuis le 12 décembre 2019.

Une médiation dont les conditions et le format furent quasiment imposés au personnel de La Coursive par ces deux conciliateurs.

D’emblée, Michel Fefeu et Christine Mariette n’entendaient pas travailler avec l’ensemble des salariés, tous concernés, pourtant, par la « souffrance au travail » exprimée depuis des mois au sein de la structure. Qui plus est, avant d’entamer la première séance, ils ont exigé une confidentialité totale de la part de tous les participants (le directeur, trois des quatre cadres, huit salariés dont les deux déléguées du personnel).

Interdiction fut faite, ainsi, à cette douzaine d’ « apôtres » de parler du processus de médiation en cours à l’extérieur de La Coursive, en ville mais aussi aux parents et proches durant…les repas des fêtes de fin d’année !

Silence radio total imposé, également, à l’égard des collègues de travail ne participant pas aux séquences de médiation mais concernés, au premier chef, par les problèmes débattus. Dont le management si contesté du « directeur normal » et ce, depuis sa prise de fonction à la fin du mois d’août 2017.

Des conditions inadmissibles aux yeux de beaucoup de salariés de La Coursive. Sans parler du contenu même de ces réunions de médiation qui ont déstabilisé fortement plus d’un des salarié(e)s s’y impliquant. Au point que le mal-être au travail s’est encore amplifié.

Jeudi 16 au matin, les déléguées du personnel  de La Coursive ont distribué un tract à l’en-tête de la CGT, leur syndicat, à l’intérieur de la Scène nationale de La Rochelle. Tract dénonçant la « mascarade » de cette médiation, les conditions de son déroulement et demandant aux salariés de La Coursive de ne plus y participer.

Au cours de la séance de médiation qu’il animait jeudi matin, juste après la distribution du fameux tract,  Michel Fefeu a bien recherché l’apaisement, la conciliation. Mais rien n’y a fait. Les salariés ont campé sur leur position. Et demandé l’abandon pur et simple du processus en cours. Et ce devant le directeur présent.

En début d’après-midi, Michel Fefeu et Christine Mariette faisaient savoir qu’ils n’étaient pas en mesure de poursuivre leur mission.

Exit la médiation et ces deux professionnels recommandés par…la Direction régionale des affaires culturelles de Nouvelle Aquitaine. Oui la DRAC encore une fois à la manoeuvre à l’intérieur de la Scène nationale de La Rochelle dotée, pourtant, d’un conseil d’administration (CA) normalement autonome et responsable.

De fait, le CA de La Coursive, flanqué de son si dévoué « directeur normal »,  s’était révélé bien incapable de dénicher, par lui même, l’oiseau rare, le professionnel de la médiation susceptible de ramener la paix sociale au sein de la Scène nationale de La Rochelle.

Alors, Véronique Chatenay-Dolto s’était-t-elle tournée vers la DRAC Nouvelle Aquitaine. Une administration que connaît fort bien l’actuelle présidente du conseil d’administration de La Coursive ; au cours de sa carrière, elle même a assuré la responsabilité de trois Directions régionales des affaires culturelles (Haute-Normandie, Nord Pas de Calais, Île de France) !

Vu le résultat – l’abandon de la médiation- l’on applaudira des deux mains à ce choix pertinent de la DRAC.

Choix qui éclaire, un peu plus, sur les capacités réelles de la « présidente TGV » de La Coursive (1) à régler, par elle même, une situation de crise qui perdure depuis…trop longtemps !

(1) Mise en cause par les Vigies de La Coursive, Véronique Chatenay-Dolto peut exercer, bien entendu, son droit de réponse. Par la même occasion, elle est invitée à répondre aux mails et questions de notre association demeurant sans réponse depuis le 28 novembre 2019.